Six mois d’une vie de propriétaire

Six mois d’une vie de propriétaire

25 Mars, j’allais chercher Celui qui allait tout changer.

Celui qui allait tout remettre en compte, Celui qui allait compter plus que tout.

Ce n’est qu’en réalisant son rêve, qu’on en tombe amoureux.

Qu’était-ce que ce rêve qui semblait inatteignable, et qui pourtant voyage dans la tête de milliers de gamines, de filles, aimant cet animal si profondément ?

Les semaines qui ont suivis l’arrivée fracassante d’Hollywood Rocky Dun dans ma modeste vie, je ne réalisais pas. Cette petite bête dorée était donc vraiment à moi ? Du fringant entier caracolant dans le paddock lorsque les fragrances de la jument en chaleur vinrent lui chatouiller les naseaux, à l’hongre facétieux au caractère bien caché derrière ses yeux dorés, du temps s’est écoulé. 

Petit récapitulatif de six mois de Vie.

 

Rocky à son arrivée
Rocky à son arrivée

 

Le Stress du propriétaire

Ce que je n’avais pas prévu, c’était le stress. Je suis quelqu’un qui angoisse assez facilement, pour tout et rien, et surtout pour rien. La première grosse étape, c’est la castration. Quel intérêt de garder un étalon quand on ne veut pas faire de la reproduction? Le garder étalon, ça voulait dire pas de vie sociale, pas de pré, que du box, et qu’avec des hongres. Alors quand on emmène son cheval en clinique, le stress est bel et bien là.

L’état dans lequel j’étais le jour de l’opération, à cent kilomètres de la clinique. Impossible de tenir en place, à regarder l’heure à chaque seconde, dans l’attente de l’appel du vétérinaire.

Et l’appel ne vient pas.

Et l’Esprit de s’imaginer toutes sortes de scénarios plus rocambolesques les uns que les autres. (J’aurais pu pondre un roman si j’avais pu aligner deux mots à ce moment-là) Alors j’appelle, tremblante, de peur de l’annonce d’une mauvaise nouvelle, et puis, non, tout va bien, tout s’est bien passé.

Le Soulagement me renverse alors tel un tsunami.

Et ça, ce n’était que pour l’opération.

Le stress des jours de soins post-opératoire, de ses égratignures sur la tête (on a même renommé Rocky, Balboa…), de ses petits bobos du quotidien.. (Je l’ai dit, je suis angoissée de nature)

ET

La Terreur des Chevaux, la Boîte qui Bouge, cet apocalyptique monstre qu’est.. le van. Stress du voyage, de voir mon cheval faire des siennes pour monter. (bon problème résolu en deux séances, dont une éprouvante : il monte tout seul désormais)

Le Stress, enfin, qui ronge tous les propriétaires : celui de ne pas faire assez bien pour son cheval.

 

Au début du travail
Au début du travail

 

Les petites défaites

A vaincre sans périls, on triomphe sans gloire.

Parce que c’est ainsi qu’on avance. Quel goût aurait la victoire sans défaite ?

Et c’est plus souvent celles qui font le plus mal.

Parce qu’elles nous poussent dans nos retranchements, appuient là ou ça fait mal. Là ou l’on possède une faiblesse que l’on ne voit (ou ne veut pas) voir. Les Chevaux nous poussent à donner le meilleur de nous-mêmes. Ils sont notre miroir. Et, parfois, le miroir vous renvoie en pleine face ce que vous ne voulez pas voir.

Remise en question perpétuelle, à cheval comme à pied. Questionnements, “es-ce moi qui le couve trop?” Alors, oui.

J’ai eu tendance à être trop gentille, à peut être avoir laissé mon cheval prendre sa place, trop prendre. Je l’ai rendu capricieux, refusant de monter dans le van, se braquant au moindre exercice. La claque que tu prends, mentalement et physiquement, est magistrale. Pas question de continuer ainsi, c’est le Mur assuré.

Je prends sur moi. C’est de ma faute. La leçon est dure, mais nécessaire. Il n’y a pas de place pour l’Ego avec le cheval.

Et puis, le premier craquage, la pression que je me met personnellement, à vouloir travailler le mieux possible, et à échouer. C’est la débandade, la première fois que je me fais embarquer, et je craque.

Ça arrive, je prends trop les choses à cœur, je stresse trop, et j’explose. Mais c’est un mal pour un bien.

Et ça ne sera pas la première fois, de ceci, j’en suis persuadée. Travailler avec un cheval, c’est travailler avec (et sur) ses émotions.

 

Rocky cette semaine
Rocky cette semaine

 

Les petites victoires

On a tendance à ne garder que les défaites, parce qu’elles nous font avancer. Je n’oublie pas, nos petites victoires.

Celles qui nous font sourire, des étoiles pleins les yeux, (celles qui vous feront passer, aux yeux des néophytes, pour une cinglée) lorsqu’il découvre le rideau de plastique et qu’il y passe sans trop regarder.

C’est les débuts d’une rencontre, de se découvrir, de s’apprivoiser lentement. De le voir évoluer sous nos yeux.

C’est le premier stage, avec un Rocky décontracté, réactif, et intéressé. C’est les séances de longe, pendant un mois, à Terre, et le voir s’éclater physiquement, prendre son dos, ses muscles, et devenir le futur cheval qu’il doit être.

C’est partir en balade en main, à l’improviste.

C’est le voir monter dans le van seul, oublier sa Peur, faire confiance, et sa bouille de “tu vois je sais faire”.

C’est le voir évoluer, et tomber amoureuse de ce processus.

 

Il n’y a pas de petites victoires.

 

 



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