Les affres de nos pensées

Les affres de nos pensées

Parfois, j’aimerais effacer ma mémoire.

Que mon esprit ne se souvienne plus, que mon corps oublie, ces réflexes stupides qui ancrent mon cœur et mon âme à réagir sans une once de pensée négative. Et pourtant l’on ne cesse de répéter avec véhémence, que l’Histoire se répèterait si l’Homme oubliait les abysses du passé. Et même conscient de ces douleurs, inexorablement, Il tend à faire les mêmes erreurs.

Alors, abattez ces arbres que je ne saurais voir, ils ne sont que parasites.

Et quel sentiment s’empare de mon cœur alors que j’échoue la tête dans la terre meuble, l’écho de la cavalcade encore dans les oreilles. Et le Pégase de fausser compagnie à Bellérophon, caracolant sans vergogne, laissant sa cavalière dans la poussière.

J’aimerais effacer de ma mémoire ce réflexe stupide de crispation. Comme si tous mes muscles s’étaient alliés de concert et ne répondaient plus. Et les pensées abruptes ; celles qui en découlent lorsqu’on se prend une telle gifle qu’elle nous retourne, celles qui tournent et retournent, sans cesse et sans but.

On est son pire ennemi.

L’ennemi, c’est l’Esprit et ses tourments. Capable de vous propulser aux côtés des prouesses d’Héraclès, et, l’instant d’après, en une fraction de seconde, en un battement malheureux de cœur, de se retrouver aux côtés de Charon sur les berges cendreuses du Styx. C’est lui, l’ennemi ; savoir le faire taire est un Art. (dont je ne maîtrise absolument rien) Alors, si vous êtes comme moi, c’est l’émotion qui vous prends à la gorge, le couteau sur la jugulaire, et le stress qui paralyse. Penaude, sur le cheval de Roi, l’air hagard de celui qui, saisi par l’angoisse, tente de contenir le flot de son émoi.

C’est con, c’est rageant, ça ronge les tripes cette Colère noire contre soi-même, mais à quoi bon lutter contre soi ?

L’accepter, c’est déjà une petite victoire.

C’est dur, ah, ciel, ça fait un mal de chien à l’égo du cavalier, à ses croyances, ça le heurte de plein fouet, bam, dans sa figure. Ça lui remet les idées en place, ça le renverse, qu’importe, la Vague passe, toujours.

Ce con d’égo, on le met de côté, on s’assoit dessus, damnit, c’est pas compliqué, always stay humble, eh?

Et, surtout, quelque soit la Chute, on remonte. Même si t’es fracassé, la règle numéro un en équitation, tu tombes, tu remontes.

Ne laisse pas ton Esprit te jouer des tours comme il me l’a fait (plusieurs fois c’est dire hein, l’Histoire, tout ça). Remonte, c’est tout, même si t’as mal, même si t’as le bras cassé, parce qu’imagine, dans deux semaines, après ce traumatisme il te paraîtra insurmontable, le Gouffre que tu auras créé.

Et il va te falloir un sacré courage pour le franchir. Et si tu le fais, ah, si tu le fais, c’est le sourire béat sur ton visage, les feux d’artifice dans ton cœur, la fierté au creux de tes tripes. La bataille n’en est que plus belle, la victoire, a la saveur de l’hydromel des Anciens Dieux.

N’abandonne pas, je ne compte pas le faire.

T’es coincé avec moi.

N’efface pas ma mémoire ; je ne connaîtrais la saveur de la Victoire que si les arbres sont encore là.

 



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