Le Showmanship : l’art de présenter son cheval

Le Showmanship : l’art de présenter son cheval

C’est presque une religion, dans cette discipline relativement exigeante qu’est le Showmanship, que de se montrer le plus resplendissant possible. Je parle bien entendu de votre cheval, même si vous, vous devez être à la hauteur de votre monture.

Oubliez les selles et les bridons ouvragés, ici, on présente le cheval avec juste un licol. (avec des plaques en argent, bien sûr)

Mais le Showmanship, c’est bien plus que juste parader avec le dernier crack à la mode. Les apparences, c’est bien beau, mais en équitation western, chaque discipline découle du travail fastidieux des cowboys.

 

De l’éducation du jeune cheval…

En équitation western, l’éducation du cheval commence dès le plus jeune âge. Avant même le débourrage, les poulains sont manipulés, licolés, de manière à obtenir des chevaux le plus équilibré possible, et bien posés dans leur tête.

Avant même de commencer le débourrage, avant ces 3 ans, le cheval américain est éduqué à pied.

Ce sont les prémices du débourrage, aussi importantes que le débourrage en lui-même. La base du travail à pied, c’est respecter l’espace de l’Homme, apprendre à marcher en main avec un licol. Bouger les hanches, les contrôler, afin qu’en cas de danger, ou d’espace exiguë, le cheval puisse tout de même faire demi tour sur lui-même. Cela semble anodin, pourtant ces étapes sont à ne pas négliger, puisqu’on les retrouve bien plus tard, lors du travail une fois monté.

On lui inculque aussi le reculé, très important en équitation western. Un cheval qui ne peut pas reculer est un cheval qui ne pourra pas fermer une barrière, par exemple.

Et puis, on lui demande de trotter en main, sans s’emballer, en restant à notre allure.

Mais, surtout, on lui apprends à nous écouter.

 

.. A une discipline de compétition

Le Showmanship, c’est une combinaison de tout ce que le jeune cheval a appris.

C’est une discipline de concours où prime la présentation du cheval, et l’allure du cavalier. On a même souvent l’impression que les participants sont un peu coincés… à courir avec les mains perpendiculaires à leur buste…

Il n’empêche qu’elle reste un bon juge pour déterminer les bases de l’éducation.

L’équipement en Showmanship est assez simple : pour le cheval, un licol et une longe, le plus souvent, ils sont parés d’argenterie, mettant en valeur la tête du cheval. (je rêve d’en acheter un pour la jolie tête de Rocky) Les crins ne doivent pas être nattés (sauf la crinière), ni parés de flots. C’est aussi l’une des seules épreuves qui autorise les poulains (moins de 3 ans) en FFE.

Le cavalier doit prêter la plus grande attention à l’aspect physique de son cheval ; il doit être parfaitement propre, crins démêlés, sabots huilés. Se faire tout beaau en somme ! De même, le cavalier est sur son trente-et-un, chemise et jean, ceinture scintillante et chapeau stetson vissé sur le crâne, bottes rutilantes : la tenue parfaite ! Attention, les éperons ne sont pas acceptés.

 

Le pattern (le parcours en langage équitation western), est tiré au sort par le juge, et affiché environ 30 minutes avant le début de l’épreuve. Les manœuvres sont sensiblement les mêmes, même si les patterns diffèrent en termes de trajectoires. Chaque cavalier et monture doivent donc effectuer :

  • Des changements d’allures. Pas, jog (petit trot rasé), trot, trot allongé, reculer selon des trajectoires définies par le pattern, en lignes droites ou en courbes, ou cercles.
  • Des arrêts.
  • Des pivots sur le membre intérieur, toujours à droite.
  • Une mise du cheval au carré sous lui. Le cavalier peut reprendre plusieurs fois son cheval s’il estime qu’il n’est pas correctement arrêté au carré.
  • Une inspection par le juge. Ce dernier tourne autour du cheval, vérifiant son état. Le cavalier doit assurer la sécurité du juge en suivant ses déplacements au niveau de la tête de son cheval et en passant devant celle-ci d’un côté comme de l’autre.

 

Inspection par le juge

Inspection par le juge

 

La position du cavalier est importante ; il doit se situer entre la mi-encolure et l’œil du cheval, lorsqu’il souhaite avancer. Il ne doit jamais dépasser son cheval. Toutes les manœuvres sont exécutées à gauche, le cavalier se tenant à quelques centimètres de son cheval. Tout contact avec celui-ci, cependant, sont passibles de disqualification.

Lors d’un pivot, le cavalier doit se placer face à l’encolure du cheval, regard dans la direction souhaitée, sa main droite exerçant une infime pression vers la droite.

Pour reculer son cheval, le cavalier doit se placer mi-encolure, le regard tourné vers les fesses du cheval. Sa main droite reste à sa place sous la tête du cheval, et le cavalier marche lorsque le cheval recule.

Le juge note selon la précision et le respect du pattern, la position du cavalier, son comportement ainsi que celui du cheval. Toute rupture d’allure fait perdre des points.

 

Showmanship
Concurrents alignés en attente des autres passages

 

C’est une discipline qui peut se pratiquer en compétition comme à la maison. Elle est très éducative pour le cheval. Chaque fois que je longe Rocky, j’en profite pour faire une petite séance de Showmanship après. Ça permet de retrouver un peu de proximité, mais surtout qu’il garde les bases du respect à pied.

Et si vous essayiez avec vos loulous ? Quelques exemples de patterns ici (en anglais)

N’hésitez pas à me dire vos retours !



2 thoughts on “Le Showmanship : l’art de présenter son cheval”

  • Je viens de décourvir ton blog et j’y apprends énormément de choses, n’y connaissant rien au western. J’ai l’impression de découvrir un nouvel univers!
    En tout cas merci, tu expliques très bien.

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