Débourrage, ce gros mot

Débourrage, ce gros mot

Passage délicat, presque sacré ; le débourrage prédestine le futur du cheval. Techniques fracassantes ou douces, brisant le mental du cheval ou le caressant subtilement, personne ne semble être d’accord lorsque l’on évoque ce gros mot.

C’est encore plus vrai en western.

Vous avez des gros bourrins qui mettent une selle sur le dos du jeune cheval qui n’a jamais vu l’Homme ; et ça part dans tous les sens, et ce, jusqu’à ce que l’animal cède. En anglais, ils ont une diatribe qui correspond : “broke the horse” autrement dit “on brise le cheval”.

A l’inverse, il y a ceux qui prennent trop de pincettes, et leur cheval ressemble à une petite princesse capricieuse.

Mais c’est quoi, un débourrage ?

Ce n’est qu’un rappel, mais on considère un cheval débourré, une fois qu’il accepte la selle, le filet, le cavalier. Il accepte les notions de respect du cavalier à pied et à cheval. Il accepte d’avancer sans tout envoyer en l’air (cavalier compris), de marcher, de trotter et de galoper. De s’arrêter et de reculer. La désensibilisation doit aussi être mise en place.

Et … c’est tout.

Tout ce qui se passe après, ce n’est plus du débourrage.

C’est de l’entrainement.

Les techniques sont nombreuses, et dépendent de l’entraineur choisi, aussi je ne m’attarderais pas.

Et puis, avant ce débourrage, cette étape clé, il y a une éducation qui entre en compte. Manipulation du poulain ; donner les pieds, marcher en main, rester immobile à l’attache.. etc. C’est d’autant plus important en équitation western, ce respect à pied, qu’il est aussi question de sécurité. Et c’est aussi plus facile, une fois ces étapes franchies, d’effectuer un débourrage dans le calme, sans traumatisme pour le cheval, une fois que l’on acquis la confiance de celui-ci.

Je ne suis pas quelqu’un qui est partisane des méthodes brutes, ni, d’ailleurs, de celles soi disant “douces”. Je n’ai pas fait le débourrage de mon cheval, Rocky était déjà débourré. Cependant, au vu et au ressenti, certaines parties ont dues êtres passées rapidement. La partie désensibilisation, par exemple – il avait tendance à fuir lorsque l’on passait la jambe par-dessus sa croupe. Mais je sais désormais que le prochain cheval que j’achète, sera débourré par une personne que j’aurais choisie et dont je valide à 100% les méthodes.

L’objectif du débourrage reste tout de même d’avoir un cheval sain, équilibré mentalement, et non “brisé”.

Rocky

 

Ok, mais l’âge alors ?

Ah, une autre question qui fâche.

D’aucuns diront que dès deux ans, le débourrage peut commencer. Certains maintiendrons fermement qu’il ne faut surtout pas commencer avant 4 ans… En western, cependant, le plus commun, c’est le débourrage à 3 ans. Il s’agit de prendre en compte le physique du cheval autant que son mental. Physiquement, certains chevaux westerns sont aptes à être débourrés dès 3 ans, certains plus tôt.

Alors oui, ça fait jaser, le poids du cavalier, de la selle, etc, sur une ossature aussi jeune ?

Eh bien, sachez que ce débat est aussi applicable aux Humains. Certains sports sont considérés trop “durs” pour de jeunes enfants. Le sont-ils vraiment ? Qui, de l’enfant qui pratique raisonnablement et sous surveillance d’un coach certifié une discipline “dangereuse” telle que l’haltérophilie, ou l’enfant qui passe son temps devant la télé, aura-t-il le moins de soucis à l’âge adulte ?

Comment ça, ça n’a aucun rapport ?

Du moment que les capacités de l’enfant ne sont pas surestimées, qu’aucune blessure n’entre en compte, où est le mal ?

Maintenant, on transpose ça chez les chevaux.

Si vous disposez d’un entraineur qui connait les chevaux et les aime, qui prend en compte l’aspect physique du cheval, et qui supervisionne son débourrage à partir de ses 3 ans, sans trop en faire, qui le muscle dans le bon sens, vous conditionnez, vous préparez le cheval progressivement à ce que vous voulez qu’il devienne. (No pain no gain)

Mon cheval a 4 ans, et du cartilage de croissance dans les postérieurs. En conséquence, les manœuvres propres typiques du reining comme le spin sont pour l’instant hors de question tant que ce cartilage ne s’est pas solidifié. En attendant, sur les conseils de professionnels, on laisse grandir et on sort en balade, on fait du travail à pied, on avance à son rythme. 

Puisque, après tout, n’es-ce pas ça, l’important ? Avancer au rythme DU cheval.

 

Avancer au rythme du cheval, peut importe son âge.

Et se faire encadrer pour une chose aussi délicate.

 



4 thoughts on “Débourrage, ce gros mot”

  • Ah ça, c’est un bien grand mot pour quelque chose qui je crois ne devrait être que la continuation de notre quotidien. Si on écoute le cheval et ses besoins, physiques comme emotionnels, pas de raison que cela se passe mal. Pour l’âge, pour moi c’est clair que le physique est important, la poussée de croissance du mien à 3 ans était impressionnante, je crois qu’il n’aurait pas du tout pû être débourré à ce moment-là. Mais j’ai l’impression que ce n’est pas tant l’âge du débourrage qui compte que le travail qui est fait ensuite, puisqu’en effet, le débourrage n’est qu’une étape

    • Oui, en effet! Si le monde équestre faisait un peu plus attention aux chevaux du débourrage jusqu’à l’apprentissage, il ne s’en porterait que mieux …

  • Je suis d’accord avec le commentaire du dessus, le débourrage ne devrait être que la continuité du quotidien du jeune cheval. Et les conditions de vie du jeune cheval prédispose énormément à la suite.
    Comme toi, mon premier cheval Mega a des comportements qui auraient pu être écartés s’il avait eu le cadre de vie adéquat. Pour exemple, il a été en troupeau pour la première fois il y a 3 ans, avec moi…
    Du coup, quand j’ai eu Kaena a 8 mois, j’ai tout mis en oeuvre pour que ça se passe naturellement… Je l’ai désensibilisé à tout très jeune, l’ai mené à la plage, lui ai donné les “bons codes”, les règles de respect dès le plus jeune âge, le tout, TOUJOURS en troupeau avec des chevaux équilibrés.
    Aujourd’hui, a 5 ans, j’ai pu monté dessus comme une lettre à la poste, même si tout le reste du travail reste à faire… Elle a récemment eu une énorme blessure qui a nécessité beaucoup de manipulation, je n’ai a aucun moment eu le moindre soucis…
    On délaisse trop souvent encore la manipulation à pied qui est l’essence même des codes à mettre en place.

    • Oui, mine de rien, tout ce qu’on fait à pied a une telle importance! Ça peut tout changer. Et ça instaure la confiance si essentielle pour eux, pour nous, pour se connaitre.. Et ça facilite tellement le reste !

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