De l’importance du travail à pieds

De l’importance du travail à pieds

J’ai déjà un peu parlé du travail à pieds, de ce qu’il en est en western, au travers de mon article sur le Showmanship. Mais je parle ici du travail de tous les jours, que tout cavalier – western ou classique – devrait faire.

Et ce n’est pas la première chose qu’on apprend lorsque l’on monte à cheval.

Ça devrait l’être. Comprendre son cheval à pieds, savoir où se placer, le “mettre aux ordres” – j’entends par là capter son attention sur nous et seulement nous – devrait être enseigné et inculqué à chaque cavalier, jeune ou vieux. Mieux comprendre son cheval à pieds, créer cette relation dès le départ, celle qui dit “Suis-moi, fais-moi confiance, on ira au bout du monde”.

En quoi es-ce si important?

En équitation western, le travail à pied est fondamental. (comme il devrait l’être dans toute équitation en fait) On l’appelle même le “Ground Work” aux Etats Unis.

On commence par débourrer le poulain en le manipulant. Ce qui, ici, ne veut pas juste dire “on le touche de partout”, mais bien le faire marcher en main, gérer sa vitesse, les arrêts, et surtout, le respect.

Et donc, comment fait-on ça ?

Comment font les chevaux, dans la Nature ? Ils ont un référent. Ils suivent naturellement (et aveuglément) le cheval le plus intelligent du groupe (et le plus expérimenté). Ils sont des animaux qui ont une de ces Loyautés les plus pures, à suivre sans se poser de questions l’être qu’ils ont choisi pour leur ouvrir la Voie.

La Clé, elle est là. Devenir pour son cheval, ce référent. Gagner cette Loyauté formidable. Et ça, je pense que ça passe par le temps qu’on passe à pieds, à leurs côtés. Ils sont des animaux d’instinct, et de fuite. Installer une relation confortable, c’est s’assurer qu’ils ne partiront plus jamais.

Alors, prêt à gagner la loyauté la plus pure au monde ?

Mais qu’attendons-nous ?

Travail à pied

Ma routine de travail à pied

Elle n’est pas parfaite et très certainement améliorable. Mais je m’oblige à la faire presque tous les jours. Les jours ou je n’ai pas le temps de monter, les jours ou je monte, les jours ou je ne viens que faire des grattouilles. Elle varie selon ces jours. Avec licol, sans licol, dans le pré, en carrière.

Je m’assure toujours d’avoir son attention sur moi. Pour ça, si je marche à côté de son épaule, je teste : je ralentis doucement, je prends le pas le plus lent du monde, parce que le jour ou je serais vieille (et ou lui aussi le sera), il doit me suivre à la même vitesse. S’il marche trop vite, je l’arrête tout de suite, je le fais reculer de quelques pas immédiatement. (Michel Ladouceur ajouterais même : fais le Père Noël quand tu agis ainsi dis: “Oh Oh Oh”, en l’arrêtant et en le reculant)

(Pour l’arrêter, la position de sécurité, c’est à dire face à mon cheval, sa tête à mon épaule, mes pieds en direction des antérieurs, est celle que j’utilise. Ainsi je suis presque déjà en place pour le faire reculer, je n’ai qu’à me repositionner légèrement vers sa croupe pour demander le reculer. Et, en cas d’incident, je suis dans la capacité à agir le mieux possible, puisque j’ai une vision d’ensemble de mon cheval. Et lorsque je lui demande d’avancer, je me retourne et pars sans le regarder. Le claquement de langue n’est utilisé que pour le trot. Rocky doit me suivre même si je ne parle pas avec ma voix, mais avec mon corps)

De manière générale je commence toujours mes séances montées par du travail à pied en licol. Et c’est cet exercice que je fais en premier. Il veut dire “eh, tu es avec moi ?”. S’il réponds, je continue à marcher, et puis je le retente quelques mètres plus loin. S’il ne réponds pas, c’est immédiatement arrêt, reculer. Et ainsi jusqu’à ce qu’il réponde à ma lenteur. Je fais la même chose, mais à un pas plus rapide.

Puis, je déplace les épaules. En Showmanship, on utilise les pivots très souvent, et c’est donc ce que je fais, à droite, mais aussi à gauche. En compétition, un pivot à gauche n’est jamais demandé, mais dans ma routine de travail, et pour mobiliser ce côté aussi, je le fais. Je me place au niveau de sa tête, les épaules en direction du haut de son encolure, et je marche fermement en cercle. ( le cheval doit tourner autour de son postérieur) A droite, c’est plus facile pour Rocky. A gauche, je m’aide de ma main libre pour lui pousser les épaules et l’obliger à croiser les antérieurs. Il ne me fait pas un pivot, mais ce que je cherche, c’est justement ce mouvement de croisement et qu’il bouge son épaule.

J’ai fait les épaules ? Eh bien les hanches alors ? J’exerce une légère pression avec ma main sur ses hanches, à gauche comme à droite ; il les bouge instantanément. Il est très rare que j’ai à utiliser mon flot de longe pour le faire bouger davantage.

Enfin, je trotte en main, pour m’assurer que je ne l’ai pas perdu entre temps! (et pareil, même process: trot, arrêt, reculer s’il ne réagit pas assez vite)

Je peux aussi faire des déplacements latéraux ; un peu plus compliqué à pied, alors on s’aide de la barrière. Je met Rocky face à la barrière. La tête du cheval droite, j’exerce une pression avec la main qui ne tient pas le licol au niveau de là ou, à cheval, je place ma jambe. Et je fais ça à droite et à gauche. Dès qu’il réagit, je fais quelques pas, puis on repart en ligne droite. Et on répète.

Ce genre d’exercices peut être fait partout et par tous temps, que j’aie cinq minutes ou quarante. Et puis, je le teste encore plus, je lâche la longe, et on refait les exercices sans se servir de pression sur le licol.

Essayez, c’est vivifiant de le voir réagir et de vous suivre partout.

Attention, ce que je livre ici, est purement le fruit de mon expérience, ce ne sont pas des conseils que vous devez suivre à la lettre. Je me permet juste de partager mon ressenti. Libre à vous d’essayer et de juger par vous-mêmes.

Le monde a besoin de plus de travail à pied (quel dommage que l’on n’enseigne pas ça dans les clubs équestres..). (On y gagnerait tous, humains comme chevaux)



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